Xin Jia, l’art du Tai Ji Quan

Les écoles majeures du style Chen.
Il existe plusieurs approche de la pratique du Tai Ji Quan style Chen dont l’ancienne école (Lao Jia) ou école des grands cercles (Da Jia), l’école des petits cercles (Xiao Jia) et l’école récente ou moderne (Xin Jia).
A l’instar de la calligraphie, Lao Jia est l’écriture académique, la pratique de Xin Jia correspond à l’écriture cursive, plus expressive. Plus souple, plus lâchée en quelque sorte, elle laisse parler la maîtrise, le Kung Fu personnel du pratiquant. Mais, aux yeux des successeurs de Chen Fake, elle constitue aussi un piège, celui d’oublier ou de ne pas respecter les principes anatomiques et les règles de l’écriture, et de se laisser aller à une imitation de surface.
Pour autant, quand le corps est construit dans le mouvement, le fait de laisser les spirales se développer, d’explorer les changements de rythmes, plus fréquents dans la pratique récente permet de sentir en grand ce qui peut se passer en petit*. Après avoir pratiqué Xin Jia, Lao Jia n’a plus du tout le même goût. Les mouvements de Lao Jia contiennent alors toutes les spirales de Xin Jia. Simplement elles reviennent à l’intérieur, et se dégustent discrètement, secrètement… comme les arômes d’un bon vin qui se dévoilent et que l’on suit après l’avoir bu.

Xin Jia, Lao Jia deux pratiques nécessaires.
Alors, osons le dire, Lao Jia, toute traditionnelle, ancienne et grande qu’elle soit, ne représente qu’un aspect de la pratique. Un aspect structurant certes, mais qui reste limité et académique si l’on ne visite pas Xin Jia.
Et il ne s’agit pas ici de formes répertoriées (Xin Jia Yi Lu, Lao Jia Yi Lu…), mais bien de façons d’aborder la pratique : Après des années, un pratiquant de Lao Jia peut être comme un musicien bien formé au conservatoire mais qui jouerait toujours comme il faut, à défaut de comme il est, comme il aime. Cela donnerait une musique sans grain, comme du jazz toujours joué sur le temps et dans le ton. Alors, pour ce pratiquant, l’accumulation des formes codifiées devient à la fois une entrave et un palliatif à l’expression de sa liberté de mouvement. Car le Tai Ji n’est pas un principe de formatage, de codification, mais un vision ouverte des principes de l’univers et de la vie. Il peut en être ainsi de la pratique martiale qui vise à nourrir l’esprit et non à l’enfermer.

Lao Jia nourrit Xin Jia, et vice versa, tel le Yin-Yang. L’un sans l’autre ne suffit pas.

Note* : C’est par ailleurs un des aspects que la pédagogie du Wutao a développé spécifiquement, rendant l’interne visible de l’extérieur, avant de le rentrer à nouveau dans l’espace intime de l’être.

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