Evaluer la progression… (1)

Question classique dès que l’on est dans l’apprentissage, l’enseignement et la pédagogie, lorsqu’on parle d’évaluation, on pense au contrôle continu et aux examens. Concernant les arts martiaux, l’aspect le plus visible est le passage de grades techniques et, pour les compétiteurs, leur classement. Mais les pratiquants d’arts martiaux ne sont pas compétiteurs, en grande majorité. C’est intéressant pour des pratiques qui par définition reposent sur la dualité, preuve s’il en fallait que la recherche de la victoire n’est pas la seule façon de progresser. Pour autant, sans compétition, il ne peut y avoir de progression sans évaluation, et ce bien avant le passage de grade.

Bien sûr la pratique propose un cadre technique (bases, formes codifiées) qu’il est nécessaire d’acquérir et d’approfondir. D’ailleurs les passages de grades dont les critères d’évaluation sont fixés par les fédérations qui les organisent, sont basés sur des évaluations essentiellement techniques. C’est la première étape, le premier dan/duan.

Lorsque l’on parle d’acquisition technique, on parle de conscience et placement corporels, de coordination des gestes, de mémorisation des mouvements, d’aisance dans les déplacements, de sens martial etc… C’est seulement quand cette première étape de l’apprentissage est acquise que le travail plus subtil de l’interne peut se mettre en place, sur un support stable qui permet la circulation et la conduction du souffle (Qi).  Sans cette stabilité, l’énergie, comme tout fluide, circule de façon aléatoire et a tendance à se disperser. Sans coordinations externes (wai san he), il ne peut y avoir de coordination interne (nei san he).

Mais les arts martiaux internes relevant tant de la martialité que du souffle interne, les confusions sont nombreuses chez les élèves, et la clarté pas toujours au rendez-vous, chez les enseignants. Ajouter à cela la mauvaise image du Tai Ji Quan (un sport pour vieux) et vous avez fini de tuer la pratique ! Certes le Tai Ji Quan est accessible à tous et cela est bien. Mais l’accessibilité n’enlève pas la nécessité de l’acquisition des bases techniques pour progresser. Quitte à ce que cela demande des efforts ! physiques et psychologiques…
Avec le support de ces bases techniques, les plaisirs subtils de la délicatesse du souffle pourront s’épanouir et permettre d’entrer dans les phases suivantes d’harmonisation avec justesse.

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