Tai Ji Quan et tradition 02

La tradition pédagogique du Tai Ji Quan passe par la répétition d’enchaînements (souvent un seul en fait)  qui ne donne que peu de sens à la pratique. (cf article Tai Ji Quan et tradition 01)

« Quan », pour commencer, nous rappelle les qualités martiales de la pratique : à tout mouvement correspond un sens martial, et des applications. Est-ce pour autant que nous devons nous adonner au combat ? Certainement pas, la plupart des arts martiaux d’ailleurs ne pratique pas le combat de façon systématique, ou majoritaire (contrairement à leurs pendants sportifs). Mais il est évident qu’en n’envisageant pas cet aspect, la pratique du Tai Ji Quan perd un de ses piliers fondateurs.

Il est intéressant d’appliquer à la routine* pédagogique le principe du Tai Ji (Yin-Yang) : Les répétitions de ces enchaînements sont la partie visible de la pratique, le Yang. S’ils sont mis en avant par des « maîtres », et considérés par certains traditionalistes comme le tout, on peut se demander où est le Yin ?
Le Yang émerge du Yin. On comprend que ces Tao Lu émergent d’une pratique bien plus large. Rester dans la partie formelle revient à goûter un fruit, sans en avoir la texture, ni la consistance, ni la couleur…

En restant sur la linguistique, « Quan » évoque le poing, l’opposition, la confrontation. « Tai Ji » par contre est un principe d’unification. La pratique formelle peut sembler favoriser le principe d’unification. « Je suis bien avec moi-même ». Cela peut être une victoire pour certain(e)s, mais c’est surtout dans l’adversité qu’il nous faut rester centré, unifié, pas seulement dans la retraite intérieure. Les deux aspects ne se suffisent pas l’un sans l’autre (Yin-Yang encore une fois). C’est en cela que le Tai Ji Quan peut être intéressant, en unifiant ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur.
La confrontation (sous forme codifiée de Tui Shou ou d’exploration plus libre) est une remise en question. Il est normal qu’elle dérange celles et ceux qui ne pratique que l’aspect formel du « Tai Chi », dans un relatif bien-être. C’est son rôle. On est souvent à l’aise que dans ce que l’on connait… Mais justement, plus la confrontation est libre plus elle est source de richesse, d’adaptation, de mouvement. Elle suscite l’envie de s’améliorer, d’aller plus loin, de redonner un élan de vitalité à sa pratique, de sortir de la routine.

*Routine, c’est le mot anglais pour « tao lu » .

A venir, Tai Ji Quan et tradition 03, la pédagogie du Tui Shou

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